Oh là là, 200% d'accord avec cet article. Voilà déculpabilisés les amoureux des animaux, nos petits frères...

Valeur animale et valeur humaine

Quand on travaille depuis longtemps d'une manière ou d'une autre pour le bien-être des animaux, il est probable d'entendre un commentaire du style : ''Pourquoi n'arrêtez-vous pas de vous en faire pour les animaux et pourquoi ne faites-vous rien pour les gens ?'' Cela présuppose deux suppositions. 1) Les animaux n'ont pas d'importance – ou tout au moins pas autant que les gens. 2) En tant qu'êtres humains nous avons une somme limitée d'empathie ou de bonne volonté ou d'énergie morale – comme vous préférez l'appeler – et si nous la ''dépensons'' pour les animaux, nous n'en avons plus pour les gens.
Ces deux suppositions sont fausses. Une nouvelle recherche en psychologie suggère (et le bon sens le confirme) qu'accorder de la valeur aux humains et aux animaux tend à aller de pair. Il semble qu'il existe des liens étroits entre ce qu'on accorde comme valeur morale aux animaux et ce qu'on accorde aux autres humains, surtout ceux qui sont différents de nous. Les préjugés raciaux en particulier sont très proches des préjugés envers les animaux.


Un essai publié dans un article du New Scientist du 15 décembre, écrit par Gordon Hodson et Kimberly Costello, offre un aperçu de ces deux relations. Hodson, Costello et une équipe de chercheurs de l'université de Brock au Canada ont exploré ce qu'ils appellent ''le modèle interespèce du préjugé.'' Leur théorie est que la perception d'une différence entre les humains et les animaux est directement reliée au préjugé envers les groupes humains marginaux, en particulier les minorités raciales et les immigrés.

Les humains, notent-ils, ont une longue histoire de ''déshumanisation'' de certains groupes de gens – les réduisant à des moins qu'humains et presque identiques à des animaux. Ceci a eu lieu pour les afro-américains utilisés comme esclaves et pour les juifs, les homosexuels et les gitans pendant l'holocauste. Pensez, dans le langage courant, à la signification habituelle de la phrase ''traiter quelqu'un comme un chien.''
Les chercheurs ont mené diverses expériences qui testaient l'interconnexion entre la division vécue entre animal et humain et le préjugé racial. Par exemple, ils ont demandé dans une des études à un groupe d'enfants canadiens blancs de regarder des photos d'enfants noirs et d'enfants blancs. On demandait aux participants d'attribuer aux photos des émotions diverses – certaines considérées comme purement humaines (par ex. l'amour, la gêne, la culpabilité) et d'autres que nous partageons avec les animaux (par ex. la peur, le bonheur). On demandait aussi aux participants de regarder les photos de divers animaux. Les enfants qui plaçaient le plus à part les humains et les animaux – qui donnaient un rang très supérieur aux humains – avaient aussi tendance à ranger les enfants noirs en leur attribuant beaucoup moins de qualités purement humaines que les enfants blancs. Comme l'ont résumé Hodson et Costello dans leur conclusion, ''La déshumanisation des groupes marginaux est largement gérée par un sentiment de supériorité, d'importance et par les valeurs données aux animaux.''

La phrase d'introduction de leur essai est une citation profondément perturbante d'un philosophe du 20ème siècle, Théodor Adorno : ''Auschwitz commence dès que quelqu'un regarde un abattoir et pense : ce ne sont que des animaux.''
Bien sûr, il ne faudrait pas encourager un traitement humain des animaux simplement parce que c'est bien pour les gens. Il faut être concerné par les animaux eux-mêmes.
Cela dit, il est bien d'avoir encore plus de données empiriques qui montrent les liens entre la valeur morale que nous accordons aux animaux et comment nous traitons les autres êtres humains et de savoir que si nous élevons nos enfants à valoriser la vie des animaux, nous élèverons probablement aussi des enfants qui tolèrent la diversité et les différences entre les humains.

Comme le disait Gandhi, ''La grandeur d'une nation et son progrès moral se jugent sur la manière dont sont traités les animaux.''
 
 

Petites souris

La personne qui a fait une série de vidéos avec les souris veut montrer combien elles sont intelligentes. Elle précise qu'elle n'utilise que du "positive reinforcement" (encouragement positif) pour les entraîner.




SOURCE 

Traduit par Hélios